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Reprendre le golf à 60 ans passés : les trois premières sorties au practice

Vingt ans sans toucher un club, ou jamais tenu un fer de sa vie : le practice est le meilleur endroit pour s'y remettre. Trois sorties suffisent pour retrouver des sensations, à condition de ne pas vouloir tout rattraper le premier jour.

Publié le 5 min de lecture

Pourquoi maintenant, et pourquoi le golf

La retraite libère des matinées entières, et le golf a ce talent rare : il se joue à tout âge, à son rythme, dehors, avec d'autres. On marche, on se concentre, on rate, on recommence, on rit. Le geste demande de la coordination plus que de la force, et l'index (le niveau de jeu) permet à des joueurs très différents de partager une partie équitable.

Beaucoup de joueurs de plus de 60 ans sont d'ailleurs des « revenants » : ils ont tapé quelques balles à 40 ans, entre deux réunions, puis tout arrêté. D'autres découvrent le golf parce qu'un conjoint, un voisin ou un ancien collègue les a traînés au practice. Dans les deux cas, la méthode est la même : y aller doucement, souvent, et sans se comparer.

Avant la première balle, un point de forme

Si l'on n'a pas fait de sport depuis longtemps, ou si l'on vit avec un souci de santé suivi, un rendez-vous chez son médecin avant de reprendre est une bonne idée. Pas pour obtenir une permission, mais pour savoir quelles précautions vous concernent, vous, et pas un golfeur imaginaire. Pour prendre une licence fédérale, la ffgolf demande selon les cas un certificat médical ou un questionnaire de santé ; elle publie aussi ses recommandations par tranche d'âge. De son côté, l'Assurance maladie détaille l'activité physique adaptée à chaque âge.

Le reste relève du bon sens. On s'hydrate, on se couvre la tête, on prévoit des chaussures confortables, et on garde en tête que le corps n'a pas la même mémoire que la tête : le swing de vos 45 ans est peut-être encore là, mais vos épaules n'ont pas forcément été prévenues.

Le matériel : moins qu'on ne croit

Inutile d'investir dans une série complète la première semaine. La plupart des practices prêtent ou louent des clubs, et un seul fer suffit pour démarrer. Le fer 7 est le club école par excellence : ni trop long ni trop ouvert, il pardonne beaucoup.

Ce qui compte vraiment au début :

  • des chaussures fermées, stables, à semelle souple ;
  • un gant, surtout si les mains ont perdu l'habitude de serrer un manche ;
  • une casquette et une petite bouteille d'eau, même en demi-saison ;
  • des vêtements qui laissent tourner le buste librement.

Plus tard, si l'envie s'installe, un essai de clubs avec des manches plus souples (souvent appelés « senior » ou « A ») peut rendre le geste plus facile. On en reparle quand le virus vous aura pris.

Première sortie : retrouver le contact

Le premier jour, l'objectif n'est pas la distance mais le contact. Un petit seau de balles, pas un grand. Avant de taper, prenez dix minutes d'échauffement : épaules, hanches, poignets. Puis commencez par des demi-swings, club à hauteur de hanche à l'aller comme au retour.

Écoutez le bruit. Une balle bien touchée fait un « clac » net et sec ; une balle mal frappée fait un bruit sourd ou part en rasant le tapis. Si vous obtenez trois bons contacts sur dix, c'est une excellente première séance. Arrêtez avant d'être fatigué : la fatigue dégrade le geste et rend la séance suivante moins agréable.

Deuxième sortie : le petit jeu

C'est souvent la séance la plus sous-estimée, et la plus utile. Autour du green d'entraînement, on travaille les approches roulées et le putting. Ce sont des gestes courts, sans rotation violente, qui représentent pourtant près de la moitié des coups d'une partie.

Un jeu simple : posez trois balles à un mètre du trou, puis à deux mètres, puis à trois. Comptez combien vous en rentrez. Notez le chiffre dans votre téléphone. La semaine suivante, vous verrez la différence, et c'est très motivant.

Troisième sortie : allonger un peu

Une fois le contact retrouvé, on peut allonger le geste, toujours avec le même fer. On garde un rythme régulier, sans chercher à « taper fort ». La vitesse viendra d'un geste fluide, pas d'un bras crispé. Si le dos ou les épaules tirent, revenez aux demi-swings.

À ce stade, beaucoup de joueurs s'offrent quelques leçons. Un professionnel enseignant repère en cinq minutes ce que l'on mettrait des mois à corriger seul, et peut adapter le geste à votre souplesse du moment. C'est souvent l'investissement le plus rentable de la première année.

Trouver son rythme de croisière

Mieux vaut deux petites séances par semaine qu'une grosse sortie mensuelle. Le geste s'imprime par la répétition, et le corps s'habitue progressivement à l'effort. Une semaine type pourrait ressembler à ceci :

  1. une séance de practice d'une heure, échauffement compris ;
  2. une séance de petit jeu, au putting green ;
  3. une longue balade à pied, pour préparer le jour où vous voudrez marcher un parcours complet.

Après quelques semaines, un parcours de 9 trous, ou un « compact » aux trous courts, est une étape idéale. On découvre le rythme d'une partie, l'attente au départ, l'étiquette, sans la fatigue d'un 18 trous.

Se fixer de bons objectifs

Oubliez le score, au moins la première saison. Les bons objectifs sont ailleurs : jouer 9 trous sans se presser, rentrer plus de putts courts que le mois dernier, être à l'aise sur le premier départ quand d'autres regardent. Et profiter du verre d'après-partie, qui fait partie du jeu autant que le reste.

Le golf a la réputation d'être frustrant. Il l'est, un peu. Mais il a aussi une vertu étonnante : chaque bon coup, même un seul dans la journée, donne envie de revenir. C'est exactement ce qu'on cherche.

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