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Articulations du golfeur : garder du swing en forme

Le golf est un sport doux, mais il n'est pas indolore pour autant. Un swing complet sollicite presque toutes les articulations, dans un ordre précis et à grande vitesse. Comprendre ce qui travaille, c'est déjà mieux jouer, et plus longtemps.

Publié le 5 min de lecture

Un geste qui passe par tout le corps

Un swing de golf, vu au ralenti, ressemble à une chaîne. Les pieds poussent dans le sol, les genoux et les hanches transmettent, le tronc tourne, les épaules suivent, les bras et les poignets libèrent la vitesse au dernier moment. Quand un maillon manque de mobilité, un autre compense. Et c'est souvent celui qui compense qui finit par se plaindre.

Après 60 ans, la souplesse diminue doucement, les tissus récupèrent moins vite et la masse musculaire a tendance à baisser si on ne l'entretient pas. Rien de dramatique : cela veut simplement dire que le swing doit s'adapter au corps du moment, et non l'inverse. La fédération française de golf le résume bien dans sa page consacrée à un swing adapté à chacun.

Les épaules : amplitude et patience

Au sommet du backswing, l'épaule du bras avant (la gauche pour un droitier) passe sous le menton et s'étire. L'autre épaule plie et tourne. C'est une articulation très mobile, donc assez fragile, qui n'aime ni les gestes brusques ni les répétitions à froid.

Quelques habitudes de joueurs qui durent :

  • raccourcir le backswing plutôt que forcer pour « monter » le club ;
  • ne pas enchaîner des centaines de balles au practice : la qualité avant la quantité ;
  • garder une bonne posture au départ, dos long et épaules relâchées.

Un backswing aux trois quarts envoie souvent la balle presque aussi loin, et beaucoup plus droit.

Le dos : la rotation, pas la torsion

Le bas du dos est la zone dont les golfeurs parlent le plus. Il n'est pas fait pour tourner beaucoup : la rotation doit venir surtout du haut du dos et des hanches. Quand celles-ci manquent de mobilité, le bas du dos « se tord » pour compenser. C'est pourquoi on consacre un article entier au dos, premier concerné.

Retenez une idée simple : laisser les hanches tourner librement au backswing, et laisser le pied arrière se décoller au finish. Un finish « figé », pieds à plat et buste vrillé, est rarement une bonne affaire.

Les hanches : le moteur discret

Les hanches pivotent à l'aller, puis transfèrent le poids vers l'avant à la descente. Ce sont elles qui donnent de la puissance sans effort apparent. Garder une bonne mobilité de hanche, c'est protéger le dos et gagner en régularité.

Un repère pratique : au finish, la boucle de ceinture doit faire face à la cible. Si elle reste tournée vers la balle, les hanches n'ont pas fait leur travail, et quelqu'un d'autre l'a fait à leur place.

Les genoux : flexion légère, poids bien réparti

Le genou avant reçoit une partie du poids et de la rotation à l'impact. Des genoux trop raides ou trop fléchis à l'adresse modifient tout le reste. Une flexion légère, comme pour s'asseoir sur un haut tabouret, suffit.

Sur le parcours, les genoux travaillent aussi en marchant : montées, descentes, bunkers, dévers. Des chaussures stables, un chariot plutôt qu'un sac porté et des appuis bien stables font une vraie différence au fil des trous.

Les poignets et les coudes : la vitesse finale

Ils arment le club à la montée et le relâchent à l'impact. Un grip trop serré les crispe, et frapper le sol trop fort (un « gros » coup de fer dans une terre dure) leur transmet un choc net. Quelques réflexes :

  1. tenir le club avec une pression moyenne, comme un tube de dentifrice qu'on ne veut pas vider ;
  2. éviter de jouer sur tapis de practice usé ou sur terrain gelé quand c'est possible ;
  3. préférer des grips en bon état, assez épais pour ne pas avoir à serrer.

Le matériel au service des articulations

Le matériel a beaucoup évolué. Des manches plus souples et plus légers, des têtes de bois et d'hybrides qui envoient la balle haut sans effort, des grips plus épais : tout cela permet de jouer avec une vitesse de swing modérée sans se sentir pénalisé. Un essai chez un professionnel, sur un vrai lanceur de balles, vaut mieux que l'achat du club dont tout le monde parle.

Côté sac, un chariot à trois roues, éventuellement électrique, épargne les épaules et le dos sur quatre heures de marche. Ce n'est pas un aveu de faiblesse : c'est une façon de garder de l'énergie pour les derniers trous.

Le quotidien compte autant que le parcours

Les articulations ne vivent pas que le jour du golf. Ce que l'on fait le reste de la semaine pèse lourd : marcher régulièrement, entretenir sa force musculaire, rester souple, dormir assez, garder un poids confortable et manger de façon variée. Le muscle soutient l'articulation ; une cuisse tonique, par exemple, accompagne le genou à chaque pas.

Les jours sans parcours, nager ou pédaler l'hiver permet d'entretenir le souffle et les muscles sans chocs. C'est l'objet de notre page sur les cousins du golf pour la mauvaise saison. Et avant chaque partie, la routine d'avant-départ reste le geste le plus simple et le plus rentable.

Écouter les signaux

Une courbature le lendemain d'une première partie de la saison, c'est normal. Une gêne qui revient au même endroit à chaque sortie, un genou qui gonfle, une épaule qui réveille la nuit : ce sont des signaux à ne pas ignorer. Dans ces cas-là, on lève le pied, on raccourcit les parties, et on en parle à son médecin ou à un kinésithérapeute, qui pourra proposer une adaptation du jeu plutôt qu'un arrêt.

Le golf a un avantage immense sur beaucoup d'autres sports : il se pratique très longtemps. Des joueurs de 80 ans et plus arpentent les parcours chaque semaine. Leur secret tient rarement en un geste magique. C'est plutôt une somme de petites habitudes : un swing qui s'est adapté, un échauffement qu'on ne saute pas, des semaines actives entre deux parties. Bref, du swing en forme.

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La partie continue : trois articles pour enchaîner.